English Abstract: The Niakhar area of West-Central Senegal has hosted regular demographic data collection as well as health and social scientific research since the 1960s. In this article, I approach Niakhar’s long history of research as a window into changing relations between knowledge production and modes (and scales) of government. Through close examination of three studies conducted between 1962 and 1974, I seek in particular to capture how the utopian impulses of postcolonial national development in Senegal created epistemological opportunities and frames of meaning for social scientific research. While this development ideology was utopian in the general sense of its transformative ambitions, it was also utopian in a more specifically spatial sense, in that Senegal had to be transformed into ‘another place’ to break the hold of the colonial political economy and release the full potential of the nation. Social scientists evoked this emerging national territory to make claims for what I call a vectoral relation between the subjects and spaces they produced through research and those the state would generate through planning, surveying and intervention. I contrast this vectoral spatiality with the scalar claims made for post-developmental uses of Niakhar as a site of experimental and longitudinal research.

French Abstract: La zone de Niakhar, dans le centre-ouest du Sénégal, accueille depuis les années 1960 une collecte régulière de données démographiques ainsi que des recherches en sciences édicales et sociales. Dans cet article, j’aborde la longue histoire de la recherche à Niakhar comme une fenêtre sur les relations changeantes entre la production de connaissances et les modes (et échelles) de gouvernement. En examinant de près trois études menées entre 1962 et 1974, je cherche en particulier à saisir comment les impulsions utopiques du développement national postcolonial au Sénégal ont créé des opportunités épistémologiques et des cadres de signification pour la recherche en sciences sociales. Si cette idéologie du développement était utopique au sens général de ses ambitions transformatrices, elle l’était aussi dans un sens plus spécifiquement spatial, en ce sens que le Sénégal devait être transformé en un « autre lieu » pour briser l’emprise de l’économie politique coloniale et libérer le plein potentiel de la nation. Les chercheurs en sciences sociales évoquaient ce territoire national émergent pour revendiquer ce que j’appelle une relation vectorielle entre les sujets et les espaces qu’ils produisaient par la recherche et ceux que l’État générerait par la planification, les enquêtes et l’intervention. Je contraste cette spatialité vectorielle avec les revendications scalaires faites pour des utilisations post-développementales de Niakhar en tant que site de recherche expérimentale et longitudinale.

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