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Nationalisme et religion

Genèse et héritage de quelques hypothèses durkheimiennes

Jose Santiago

Abstract

This article examines the genesis and legacy of some of Durkheim's hypotheses on the relationship between nationalism and religion. On the one hand, it examines Durkheim's interpretation of the French Revolution as a religious phenomenon, from which nationalism has been seen as (the) religion of modernity. It also analyses Durkheim's conception of patriotism and its relationship with the religion of humanity. The article inquiries into Durkheim's writings, analysing the genesis of these propositions, which are rooted in foundations that are not entirely established. Following this critical examination, Durkheim's work is highlighted as a tool for reflecting on the sacrality of nations, showing how theories of nationalism of the last decades have recovered the Durkheimian legacy.

Résumé

Cet article se penche sur la genèse et l'héritage de certaines hypothèses de Durkheim sur la relation entre le nationalisme et la religion. Il examine, d'une part, l'interprétation durkheimienne de la Révolution française comme phénomène religieux et à partir de laquelle le nationalisme a été considéré comme (la) religion de la modernité. Il analyse, d'autre part, la façon dont cet auteur conçoit le patriotisme et son rapport avec la religion de l'humanité. L'article examine les écrits de Durkheim en analysant la genèse de ces propositions dont les fondements ne semblent pas tout à fait établis. À la suite de cet examen critique, l’œuvre de Durkheim est mise en valeur comme un outil de réflexion sur le caractère sacré des nations. Il s'agit de montrer comment les théories du nationalisme des dernières décennies ont pu récupérer l'héritage durkheimien.

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Religion sans espace sacré

Durkheim, l’Église catholique et les cités périphériques en Allemagne

Frank Eckardt

Abstract

Churches have lost members in the last decades in an unpredicted way. In many parishes, the attempt to redefine religious life has led to an attempt to offer more inclusive practices especially in cities with severe loss of social cohesion. In this way, the opening up of the Catholic Church in Germany for an approach of ‘social space’ seems to contradict the assumption of Durkheim that a differentiation between the ‘sacred’ and the ‘profane’ is at the core of religious life. In this article, a closer look will be taken at three churches in the city of Gelsenkirchen, the poorest city in Germany. It will be shown that the de-industrialized social landscape of contemporary societies embeds the churches in different ways. According to different contexts of peripherisation, churches are reacting different in reshaping social bonds with their neighborhood. This issue of the ‘sacred’, however, seems to be an important feature for understanding the life of religious communities.

Résumé

Au cours des dernières décennies, les églises allemandes ont perdu quantité de membres comme jamais auparavant. Dans de nombreuses paroisses, le souci de redéfinir la vie religieuse s'est traduit par une tentative à offrir des pratiques plus inclusives, en particulier dans les villes connaissant une grave perte de cohésion sociale. Cette ouverture de l’Église catholique allemande à ‘l'espace social’ semble ainsi contredire l'hypothèse de Durkheim, pour qui la différenciation entre le ‘sacré’ et le ‘profane’ est au cœur de la vie religieuse. L'article qui suit a pour but d'examiner cette hypothèse à travers l’étude de trois églises de la ville de Gelsenkirchen, la ville la plus pauvre d'Allemagne. Celles-ci ne s'intègrent pas dans le paysage de désindustrialisation des sociétés contemporaines de la même manière. Selon la variété des contextes de périphérisation, les églises refaçonnent différemment les liens sociaux qu'elles entretiennent avec leur quartier. À cet égard, l'idée de ‘sacré’ sur laquelle Durkheim a mis l'accent dans sa sociologie de la religion conserve toute son importance pour ces églises de zones périphériques.

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René Maunier, un durkheimien ‘périphérique’

Gilles Montigny

Abstract

René Maunier (1887–1951) developed an interest in foreign countries and local cultures, following a posting to Cairo and then Algiers. A professor of colonial economics and legislation from 1922 onwards, he held several positions in the colonial administration, specializing in ‘Algerian sociology’. Through fieldwork, he became one of France's foremost experts on Berber populations, and in particular on the phenomena of contact between races and cultures, and the changes they bring about. In his eyes, the study of these contacts should lead to action: to bring about change and reform, in the best interests of the metropolis and the colonized peoples themselves, in territories subject to interdependence. His interests intersect with Durkheimian sociology in the way social facts are considered and analyzed, and he writes on several occasions about the interest and scientific scope of Durkheimian sociology. He also published in L'Année Sociologique and Annales Sociologiques, but was never a Durkheimian in the full sense of the term. Maunier's attitude during the Occupation and the sanctions imposed on him brought his career to an abrupt halt, and harmed the spread of his ideas. As a result, he did not enjoy the posterity he would have deserved.

Résumé

René Maunier (1887–1951), va développer un intérêt pour les pays étrangers et les cultures locales, suite à une affectation au Caire, puis à Alger. Professeur d’économie et de législation coloniales, à partir de 1922, occupant des postes dans l'administration coloniale, il se spécialise en ‘sociologie algérienne’. Effectuant des voyages d’études sur le terrain, il devient l'un des meilleurs connaisseurs français des populations berbères, en particulier des phénomènes de contact entre les races et les cultures, et des changements qu'ils provoquent. L’étude de ces contacts doit déboucher à ses yeux sur une action : faire évoluer et réformer au mieux des intérêts de la métropole et des peuples colonisés eux-mêmes, des territoires soumis à des liens d'interdépendance. Ses intérêts croisent la sociologie durkheimienne sur la manière dont le fait social est considéré et analysé, et il écrit à diverses reprises sur l'intérêt et la portée scientifique de la sociologie durkheimienne. Il publie aussi dans L'Année sociologique et les Annales sociologiques, mais ne sera jamais un durkheimien au sens fort du terme. L'attitude de Maunier durant l'Occupation et la sanction dont il a fait l'objet ont brutalement interrompu une carrière, et nui à la propagation de ses idées. Si bien qu'il n'a pas eu la postérité qu'il aurait méritée.

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Rubrique comptes rendus (Book reviews)

Matthieu Béra, Dimitris Fofoulas, Jean-Louis Halpérin, and Warren Schmaus

Dictionnaire international Bourdieu, sous la direction de Gisèle Sapiro. Paris: Éditions du CNRS, 2020. 963 pp.

Claude Didry, Découvrir Durkheim. Paris: Les Éditions sociales, 2022, 171 pp.

Didier Deleule, Durkheim et la (Re)naissance du projet sociologique. Paris: Hermann Éditeurs, 2020, 126 pp.

Christian Papilloud et Cécile Rol, Moral – Recht – Nation. Die Soziologie der Solidarität Gaston Richards (1860–1945) [Morale – droit – nation. La sociologie de la solidarité de Gaston Richard (1860–1945)]. Wiesbaden: Springer VS, 2019. 282 pp.

Émile Durkheim, Leçons de sociologie criminelle, édition scientifique par Matthieu Béra, Paris: Flammarion. 2022. 415 pp.

Henri Hubert et Marcel Mauss, Correspondance (1897–1927), édition de Rafael Benthien, Christophe Labaune et Christine Lorre. Paris: Classiques Garnier, 2021. 653 pp.

Durkheim's Contributions to Social Anthropology in L'Année sociologique, édited par Yash Nandan, Middletown DE : Independently Published, 2022. 492 pp.

Serge Paugam, L'Attachement social: Formes et fondements de la solidarité humaine, Paris: Seuil, 2023. 640 pp.

Aleksandar Boškovic´, William Robertson Smith, New York: Berghahn Books, 2021, 139 pp.

Stephen Turner. Mad Hazard: A Life in Social Theory. Current Perspectives in Social Theory, Vol. 38. Bingley, UK: Emerald Publishing Limited, 2022, xxii +241 pp.

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Société européenne et Europe sociale

Perspectives durkheimiennes

Mélanie Plouviez

Abstract

This article examines the European extension that Émile Durkheim confers on the division of labour. It examines the surprising Durkheimian proposal that an increase in the division of labour is the morphological condition for the emergence of the European society. How understand this Durkheimian foundation of the European society on the question of labour and, more precisely, its division? A first possible interpretation might be that the performance by each European nation of specialised functions, complementary to those performed by the other European nations, would allow the spontaneous emergence of European society, with each nation becoming aware, through functional complementarity, of the European totality to which it contributes. The interpretation I defend in this article is not this functionalist one, but an institutionalist and socialist one. For Durkheim, the achievement of European society depends in the progress of a division of labour not between the different European states, but within each one, but if and only if this division consists of an institutional and socialist organisation of labour. Achieving Europe as a “European society” means advancing a European organisation of work. More precisely, with the Durkheimian project to reform the occupational groups, we can draw up a theoretical outline of what a social Europe could be.

Résumé

Cet article interroge l'extension internationale et, en premier lieu, européenne qu’Émile Durkheim confère à la division du travail. Y est étudiée cette proposition durkheimienne surprenante qui fait de l'accroissement de la division du travail la condition morphologique de l'advenue d'une véritable société européenne. Comment faut-il comprendre cette assise durkheimienne du projet de société européenne sur la question du travail et, plus précisément, sur celle de sa division? Une première interprétation possible pourrait être que l'accomplissement par chaque nation européenne des fonctions spécialisées, complémentaires de celles réalisées par les autres nations, permettrait l’émergence spontanée de la société européenne, chaque nation prenant conscience, par la complémentarité fonctionnelle, de la totalité européenne à laquelle elle contribue. L'interprétation défendue dans cet article n'est pas spontanéiste et fonctionnaliste, mais institutionnaliste et socialiste. La condition d'accomplissement de la société européenne ne réside pas dans les progrès d'une division du travail entre les différents États-nations européens, mais dans ceux de la division du travail au sein de chaque État-nation européen, mais ce, si et seulement si cette division consiste en une organisation institutionnelle et socialiste du travail. Poursuivre l'idéal de fraternité humaine, c'est ainsi, dans les conditions morphologiques qui sont les nôtres, accomplir l'Europe comme ‘société européenne’. Et accomplir l'Europe comme ‘société européenne’, c'est faire progresser une organisation européenne du travail. Plus exactement, à partir du projet durkheimien de réforme des groupements professionnels en charge de l'organisation moderne du travail, on peut dessiner une esquisse théorique de ce que pourrait être une Europe sociale.

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Spirit Possession among the Shakers of Pleasant Hill

A Link between Effervescence and Social Ideals

Lisa C. Kistler

Abstract

As a conceptual tool, effervescence offers a nuanced and complex explanation of forces for social change. Yet, it can be challenging to identify subject matter that spans the full implications of effervescence from embodied feeling to changes in social action over time. This study joins theories of effervescence with a unique set of primary historical records from a nineteenth-century religious utopian community in the United States to investigate whether effervescence might have a role in the creation, maintenance or decay of social ideals. As an explanation for social action, findings suggest that effervescence points to a link between embodied feeling, social ideals and institutional control – aspects of effervescence that offer avenues for future theoretical and empirical research.

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Crime et religion chez Durkheim

Les liens forts entre ses sociologies criminelle et religieuse

Matthieu Béra

Abstract

There is an immediate chronological link between Durkheim's criminology courses on crime and punishment, taught between 1892 and 1894, and his first course in religious sociology (1894–1895). Both are included in the cycles of ‘General Physics of Law and Morals’. Beyond this observation, the emphasis here is on six points that intellectually connect the two fields of study, always analyzed separately by the commentators of his work. Crime is in itself a means of revealing social solidarity, and the religion that carries it. The penalty is at the articulation between criminal law and religion. The evolution of penalty marks the progressive elimination of the religious substance of modern criminal laws. Durkheim outlines a theory of the sacred by reflecting on the respect and authority of the law. There are also suggestive digressions that link the tattoos of criminals to the institution of totemism. Finally, his typology of crimes is an opportunity to transform religion into an ‘explanatory variable’, rather than a ‘variable to be explained’.

Résumé

Il existe un lien chronologique entre les cours de criminologie de Durkheim sur le crime et la peine en 1892–1894 et son premier cours de sociologie religieuse, dit de la révélation (1894–1895), qui se succèdent sans transition. Les deux domaines s'inscrivent d'ailleurs dans les cycles de ‘Physique générale du droit et des mœurs.’ Au-delà de ce constat, cet article met l'accent sur six points qui relient intellectuellement les deux domaines d'études, toujours analysés séparément par les commentateurs de son œuvre. Le crime est en soi un moyen de révéler la solidarité sociale et la religion qui la porte. En outre, la pénalité est le lieu d'articulation entre le droit pénal et la religion. Quant aux les ‘lois de l'évolution pénale’, elles manifestent l'élimination progressive de la substance religieuse des droits criminels modernes. Durkheim esquisse dans sa sociologie criminelle une théorie du sacré en réfléchissant au respect et à l'autorité de la loi, qui est transcendante. On évoque également les digressions suggestives dans lesquelles il rattache les tatouages des criminels à l'institution du totémisme. Enfin, on montre que sa typologie des crimes est l'occasion de transformer la religion en ‘variable explicative’, plutôt qu'en ‘variable à expliquer’, ce qui ne manque pas de lui conférer une objectivité scientifique considérable.

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De L'éclaircissement sur le sacrifice de Joseph de Maistre à la ‘révélation’ de Durkheim

Flavien Bertran de Balanda and Matthieu Béra

Abstract

This article examines how the counter-revolutionary writer Joseph de Maistre (1753–1821) theorizes the notion of sacrifice. For de Maistre sacrifice understood as punishment is foundational to all societies. Durkheim used many of this author's works without citing them. At the time Durkheim was teaching his criminal sociology course on punishment and responsibility as well as preparing his course on religion dealing with ‘revelation’. It is possible to explain his interests by the fact that de Maistre appears in Durkheim's core readings for theoretical ‘juncture’ that featured authors concerned with the articulation between questions of penal law and of religious phenomena. This provides additional evidence that for Durkheim religion is at the origin of the definition of the crime and of the establishment of the punishment.

Résumé

Cet article examine comment l'essayiste contre-révolutionnaire Joseph de Maistre (1753–1821) théorise la notion de sacrifice: pour lui, le sacrifice est compris comme une peine et il est à l'origine de toutes les sociétés. Or Durkheim fit usage de plusieurs de ses livres sans jamais les citer. Alors qu'il dispensait son cours de sociologie criminelle sur la peine et la responsabilité, et préparait sans doute aussi le cours sur la religion, dit ‘de la révélation’, il emprunta l'essai sur le sacrifice de de Maistre. On peut expliquer cet intérêt par le fait que De Maistre fait partie des lectures spéciales de ‘charnière’ théorique, qui renvoient à des auteurs se situant à l'articulation des questions de droit pénal et des phénomènes religieux repérés par Durkheim. On peut aussi, en conséquence, y voir une preuve de plus que, pour Durkheim, la religion est à l'origine de la définition du crime et de l'établissement de la peine.

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Émile Durkheim et la sociologie des religions

Une configuration savante singulière autour du sacrifice v. 1900

Catherine Fhima and Roland Lardinois

Abstract

This article examines Henri Hubert and Marcel Mauss's Essay on the nature and function of sacrifice, published in the second volume of L'Année sociologique edited by Durkheim. By focussing on the comparative method used by Hubert and Mauss to compare the civilisations of ancient India and Israel, we can trace how Durkheim gradually elaborated upon the sociology of religions and the subject of sacrifice. Two sociological concepts are used to analyse this intellectual exchange. First, the notion of ‘configuration’, following Norbert Elias, that is understood as a space of mutual dependence and interaction in which authors, journals, disciplines and academic institutions participate. Second, the notion of ‘a conversational space’, borrowed from Erving Goffman, that formed among Émile Durkheim, Marcel Mauss, Henri Hubert and Sylvain Lévi. We contend that the writing and thinking of sacrifice in Hubert and Mauss's essay was marked by the different backgrounds to which these four scholars belonged—three Jews and one Christian—while at the same time they were committed in the name of justice and equality to the defence of Captain Dreyfus, seen as an ‘expiatory victim’.

Résumé

Le but de cet article est d'étudier la fabrique de l'ouvrage d'Henri Hubert et de Marcel Mauss, Essai sur la nature et la fonction du sacrifice, paru en 1899 dans le deuxième volume de L'Année sociologique éditée par Émile Durkheim. On montre que ce mémoire est le résultat des échanges intellectuels entre Henri Hubert, Marcel Mauss, Émile Durkheim et Sylvain Lévi, ce dernier ayant fourni aux auteurs de l'essai une analyse du sacrifice védique qui structure leur modèle. On mobilise deux outils sociologiques : premièrement, la notion de configuration, empruntée à Norbert Elias et, deuxièmement, celle d'ordre conversationnel que l'on doit à Erving Goffman. On soutient que l'Essai sur le sacrifice témoigne d'une écriture de la différence à laquelle participent trois savants juifs et un savant de culture chrétienne, ces quatre personnes étant par ailleurs engagées dans la défense du capitaine Dreyfus au nom de la justice et de l'égalité.

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From Durkheim to Jellinek

A German Origin for a Theory of Penalty Concerned with Religious Feelings?

Jean-Louis Halpérin

Abstract

In his 1887 report about the positivist science of morals in Germany, Durkheim referred to two books: Der Zweck im Recht by Rudolf von Jhering and Die socialetische Bedeutung von Recht, Unrecht und Strafe by Georg von Jellinek. Despite the absence of commentary from Durkheim about this 1878 book from the ‘young’ Jellinek (later known as a master of public law), the analysis of this dissertation (rejected by the University of Vienna) shows that it contained a claim for a social-science-inspired understanding of crime and penalty and had some points of contact with Durkheim's argumentation, notably about the importance of religious feelings in the social reaction against crimes. The article proposes to deepen this comparison between Jellinek's and Durkheim's books with an investigation about their indirect sources.